Le spiritualisme en France au XIXe siècle

Le spiritualisme en France au XIXe siècle

Une philosophie pour l'éducation ?

Laurence Loeffel

Préoccupées avant tout de restaurer les droits de l'esprit, les voies du spiritualisme philosophique s’esquissent dans le creuset libéral et romantique du début du XIXe siècle, s’affirment et se stabilisent dans l’éclectisme de Victor Cousin qui fixe pour un siècle les orientations de l’activité philosophique en France. Dans ce cadre, le spiritualisme assigne un rôle nouveau à la philosophie : apporter une réponse aux questions qui se posent à la société post-révolutionnaire : le renouvellement des croyances communes, la fondation de la liberté.
L’auteure montre comment le spiritualisme a dû répondre à la question de la place de Dieu et de la religion dans une société qui a recueilli le legs de la Révolution; elle analyse en ce sens les œuvres de Paul Janet, Jules Simon, Elme Caro, Emile Saisset, Edgar Quinet ou Ferdinand Buisson. De fait, l’éducation morale dans le cadre d’un enseignement primaire républicain oscillera toujours entre conservatisme et émancipation, contrôle de l’enfance populaire et visée d’une authentique éducation libérale adaptée aux exigences de la démocratie à venir.