Les romantismes politiques en Europe

Les romantismes politiques en Europe

Il est coutume d'affirmer que le romantisme accompagne l'éveil du sentiment national en réaction à l'hégémonisme napoléonien. Les Romantiques allemands abandonneraient les valeurs universalistes qu'ils continuaient à défendre au début sous des couleurs nationales pour devenir les idéologues du réformisme prussien ou de la restauration catholique metternichienne. En réalité les choses sont beaucoup plus complexes.
La complexité s'accroît encore si l'on envisage le romantisme politique à l'échelle européenne. En France la génération romantique s'affirme vingt ans plus tard qu'en Allemagne. Autour de 1820, ses champions se recrutent parmi les partisans du trône et de l'autel ; mais après 1830, les romantiques français deviennent républicains voire démocrates.
Bref, le « romantisme » se présente sous les aspects multiples du traditionalisme, du nationalisme, du « libéralisme », du républicanisme, voire même du socialisme. Pourtant, il y a bien un « romantisme européen » - une référence politico-idéologique autour de laquelle se jouent des problématiques fondamentales de la modernité politique : identité nationale, modernisation, républicanisme vs. conservatisme. C'est vers cet enjeu de philosophie politique contemporaine que convergent les contributions rassemblées dans cet ouvrage.