Quasi una fantasia

Quasi una fantasia

Écrits musicaux II

Édité par Ole Hansen-Løve, Philippe Joubert, Jean-Louis Leleu

Quasi una fantasia est le second volume, publié en 1963, des « Écrits musicaux » d'Adorno. Les textes qu'il regroupe, écrits pour la plupart après la guerre, s'attachent aussi bien à analyser et à juger la musique existante – la mauvaise comme la bonne – qu'à imaginer une musique possible, encore à venir. Bien que très divers, les sujets abordés font apparaître l'unité d'une pensée théorique dont l'intention déclarée est de permettre, en donnant à l'expérience les moyens de se réfléchir, une libération de la pratique.
Le recueil, telle une œuvre musicale, comprend trois parties.
La première, « Improvisations », rassemble des aphorismes écrits par l'auteur entre 1927 et 1951, un texte de sociologie musicale, un hommage à Carmen – dédié à Thomas Mann – et une « Histoire naturelle du théâtre » dans lequelle Walter Benjamin voyait les « prolégomènes à toute histoire future du théâtre baroque ».
Les textes de la seconde partie, « Remémorations », se penchent sur le cas de quatre compositeurs oubliés ou décriés – Mahler, Zemlinsky, Schreker et Stravinsky –, dans le but de réviser le jugement prononcé contre eux par l'histoire.
Le « Finale » est tout entier consacré aux problèmes de la musique contemporaine. Il contient des textes sur Berg, sur le rôle de Vienne dans l'histoire de la « nouvelle musique » et sur le Moïse et Aaron de Schönberg – œuvre qui, mieux que nulle autre, permet de faire la part du « progressisme » et du « traditionnalisme » de son auteur. Un dernier essai, qui est aussi un manifeste, « Vers une musique informelle », s'efforce de montrer à quelles exigences le travail de composition doit satisfaire à notre époque. Il se termine par cette phrase : « Toute utopie esthétique revêt aujourd'hui cette forme : faire des choses dont nous ne savons pas ce qu'elles sont. »