Philosophie de la biodiversité

Philosophie de la biodiversité

Petite éthique pour une nature en péril

Virginie Maris

À l'origine de la crise actuelle de la biodiversité, il n’y a pas d’explosion volcanique ou de pluie de météorites, mais une accumulation d’actes et de choix humains : surconsommation, intensification de l’agriculture, gaspillage énergétique, etc. Nombreux sont ceux qui attendent du progrès technique qu’il corrige lui-même ses effets indésirables et qui vantent les mérites d’un développement supposé durable.
Et si le problème environnemental était d’un tout autre ordre ? S’il résidait d’abord dans les représentations et les valeurs sur lesquelles s’est fondée notre modernité ? Quelle est la place des êtres humains dans la nature? Quelles sont leurs responsabilités à son endroit? Comment, pour faire face à ces nouveaux défis, tirer parti du pluralisme qui caractérise les sociétés démocratiques ?
Ce ne serait alors plus à l’écologie ou à l’ingénierie de fournir des solutions, mais à la philosophie de poser les questions, et à chacun d’entre nous, individuellement et collectivement, de tenter d’y répondre.
Loin du catastrophisme que le déclin de la biodiversité peut susciter, la philosophie offre un horizon joyeux et stimulant : la possibilité de repenser les valeurs de la diversité du vivant.