Conseils de lecture

Voici les comptes rendus et conseils de lecture récemment parus. Nous vous invitons à publier les vôtres sur notre réseau social ; ils pourront figurer à leur tour dans cette rubrique.



Erwan Sommerer
Michalon | Le bien commun
Auteur du célèbre pamphlet Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?, dans lequel il mène une charge virulente contre la noblesse Sieyès (1748-1836) reste peu connu du grand public.

Sieyès, ou comment commencer et finir une révolution?

Frédéric Ménager-Aranyi, nonfiction.fr
4 mai 2011

L'excellente collection « Le Bien commun » mérite que l'on salue le remarquable travail éditorial réalisé par Antoine Garapon dont la sélection d'ouvrages donne à la théorie du droit un élan nouveau auprès d'un public élargi.

En publiant régulièrement des contributions sur des auteurs et philosophes et même des réalisateurs de cinéma comme Fritz Lang ou John Ford, elle contribue à faire de la Philosophie du droit une discipline vivante et inventive et non pas seulement l'annexe obscure et délaissée, un rien poussiéreuse, de la Philosophie politique à laquelle on la ramenait parfois.




David J. Chalmers
L'Esprit conscient
À la recherche d'une théorie fondamentale
Ithaque | Philosophie (Ithaque)
Notre cerveau traite en effet une foule d'informations en provenance du monde extérieur et de notre propre corps. Mais à quoi bon ces expériences ?

Humains contre Zombies : la conscience en plus

Yann Schmitt, nonfiction.fr
21 mars 2011

Le livre de David Chalmers est un traité de philosophie de l'esprit où se mêlent la spéculation la plus radicale et la réflexion la plus informée sur le travail scientifique, où la rigueur de l'analyse conceptuelle s’associe à l’originalité des thèses défendues. David Chalmers , professeur à l’Australian National University et à la New York University, est un des meilleurs spécialistes de philosophie de l’esprit et L’Esprit Conscient est son ouvrage le plus important à ce jour. Bien qu’il soit de 1996, il permet à la fois d’entrer dans un projet original et audacieux tout en découvrant des pans entiers de la philosophie de l’esprit contemporaine. La thèse défendue est celle du naturalisme dualiste selon lequel il y a des faits physiques et des faits conscients, les seconds ne se réduisant pas aux premiers. L’ouvrage vise à comprendre la place de notre expérience vécue dans un cadre naturaliste dualiste où l’esprit conscient connu en première personne dépend naturellement, selon des lois psychophysiques, de processus physiques. Le naturalisme doit donc passer par une critique du matérialisme strict qui ne veut pas introduire, dans le mobilier du monde, autre chose que des faits physiques. Cette question d’ameublement fait l’objet d’une discussion la plus objective possible, mais elle est pourtant aussi une question d’intuition, d’intuition sur notre propre conscience et donc sur notre propre nature.




David M. Armstrong
Les Universaux
Une introduction partisane
Ithaque | Science et métaphysique
Comment expliquer que des choses distinctes soient de même type ? Et comment des choses de même type peuvent-elles être différentes ? Deux roses rouges ont-elles en partage une même propriété – la rougeur ?

Pourquoi on n'en a toujours pas fini avec les universaux

François Loth, nonfiction.fr
21 mars 2011

La métaphysique contemporaine doit beaucoup au philosophe David Armstrong et le livre que publient les éditions Ithaque, traduction d'un ouvrage remarquable par sa clarté et l'étendue de son investigation, est l’occasion d’étendre l’influence d’une recherche qui n’a de cesse de rapprocher la métaphysique de la science. Dans Les Universaux, une introduction partisane, David Armstrong, alors en pleine maîtrise de ses positions, nous introduit au cœur d’un problème très ancien, qui n’est ni un pseudo-problème ni une réserve pour l’histoire de la philosophie , et qu’il revient à la métaphysique d’examiner : le problème des universaux.

Si l’ouvrage se présente comme une introduction que tout étudiant en philosophie ferait bien de se procurer, il intéressera aussi les philosophes professionnels et toutes les personnes curieuses de savoir comment le projet d’une métaphysique empirique parvient à interroger la structure ultime du monde. Ainsi, à la question de savoir si deux roses rouges partagent une même propriété – la rougeur – l’auteur nous propose une excursion dans une variété de théories rivales - et c’est immédiatement que l’impact du questionnement produit son effet. Oui, car à la lecture d’un véritable livre de métaphysique, et le livre de David Armstrong en est un, il y a bien un effet qui l’accompagne, une manière pour l’esprit de s’engager dans un chemin de connaissance qui ne cherche pas la rupture avec les sciences, bien au contraire, mais plutôt la meilleure des doctrines qui, au-delà de la physique, pourra révéler cette structure du monde.




Souleymane Bachir Diagne
Bergson postcolonial
L'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal
CNRS Éditions
Mohamed Iqbal et Léopold Sédar Senghor, meilleurs disciples de Bergson ? Ou comment le philosophe du Rire a marqué de son empreinte les penseurs de la décolonisation.

Bergson, penseur postcolonial ?

Yala Kisukidi, nonfiction.fr
3 mars 2011

Le titre du dernier livre de Souleymane Bachir Diagne a d'emblée de quoi intriguer : Bergson postcolonial. L’élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal. "Bergson postcolonial", que faut-il entendre derrière cette dénomination ?

Les lecteurs lointains ou familiers de Bergson auront du mal à cacher leur surprise. En effet, dans la pensée du philosophe, il n’y a quasiment pas de référence au problème des colonies ( une allusion, seulement, dans le quatrième chapitre du grand livre de 1932, Les Deux Sources de la morale et de la religion). Et aucun texte dans le corpus même de l’auteur ne semble autoriser à faire de Bergson un “auteur postcolonial” avant la lettre, comme on pourrait aisément le faire pour un Sartre qui, non seulement, a pris des positions très claires sur la question coloniale (Situation V), mais qui en plus a préfacé des textes désormais classiques pour les penseurs des Postcolonial studies, à savoir Portrait du colonisé de Memmi, Les damnés de la terre de Fanon ou encore la préface Orphée noire de L’anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française de Léopold Sédar Senghor. Or, il n’y a aucun texte de ce type chez Bergson, aucune réflexion politique développée ayant pour centre la question coloniale ou faisant la promotion de pensées décolonisatrices. Comment faut-il alors comprendre le titre du livre de Souleymane Bachir Diagne ? Que peut signifier l’expression “Bergson postcolonial”?



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