Conseils de lecture

Voici les comptes rendus et conseils de lecture récemment parus. Nous vous invitons à publier les vôtres sur notre réseau social ; ils pourront figurer à leur tour dans cette rubrique.



Raul Fornet-Betancourt, Fred Poché
La philosophie interculturelle
Penser autrement le monde
Éditions de l'Atelier
Sur fond de crispations identitaires et de guerre des mémoires, la question culturelle s'impose à de très nombreux pays...

Pour une raison interdiscursive et un dialogue interdisciplinaire

Christian Ruby, nonfiction.fr
15 sept. 2011

Nul ne saurait plus récuser de nos jours l'idée selon laquelle une conception eurocentrique de la philosophie a existé et existe, et domine à la fois les pratiques de la philosophie, la formation des philosophes, l’exercice de leur profession, enfin une certaine manière de penser l’universel. Quelques-uns savent aussi qu’existent d’autres pratiques de la philosophie, qui ne le cèdent en rien à la précédente sur le plan de la réalisation d’une tâche critique et libératrice, notamment dans le monde d’aujourd’hui, ainsi qu’à la transformation effective de la réalité conformément à un idéal de justice et de paix. Pourquoi, alors, ne pas tenter de libérer "la" philosophie de sa configuration occidentale conçue, le plus souvent, comme unique modèle possible ? Voilà du moins qui aboutirait à faire émerger une polyphonie philosophique qui associerait à l’occident une pensée, par exemple, nahuatl, tupi-guarani, aymara ou afro-américaine, ... sans passer uniquement par la voie de transmission des seuls philosophes professionnels. L’ouvrage présenté ici, en son ensemble, vise à esquisser un tel programme de transformation interculturelle de la philosophie, à partir du contexte culturel latino-américain.




Frédéric Lordon
La fabrique éditions
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement.

L'erreur anthropologique de Marx

Philippe Gillig, nonfiction.fr
26 août 2011

Dans Capitalisme, désir et servitude, Frédéric Lordon nous propose de comprendre le fonctionnement du capitalisme, et notamment de ses ressorts passionnels. Pour ce faire, il nous invite à croiser Marx et Spinoza, ou plutôt à combler voire corriger ce qu'on pourrait appeler les faiblesses anthropologiques de Marx grâce à la théorie des affects de Spinoza.

Aussi, le lecteur familier des interventions vidéo ou écrites lordoniennes sur la crise financière en particulier ne doit-il pas s'attendre à un ouvrage d’économie mais indiscutablement de philosophie, tant sur le fond que sur la forme. Sur la forme puisqu’est mobilisé un appareillage conceptuel philosophique relativement technique – qui d’ailleurs à quelques occasions verse dans un jargon inutilement complexe. Sur le fond puisqu’il s’agit d’une lecture de ce qui fait le soubassement de notre système social actuel, le capitalisme, lecture qui engage une conception politique et non véritablement épistémologique du problème. Bref il s’agit là d’un ouvrage de philosophie politique spinoziste – et non d’une "économie politique spinoziste", comme l’indique pourtant la quatrième de couverture.




Peter Sloterdijk
Libella-Maren Sell Éditions
« Tu dois changer ta vie ! » La voix que Rilke entendit au Louvre émanant d'un torse antique s’est détachée aujourd’hui de son origine. En l’espace d’un siècle elle s’est amplifiée, mieux, elle est devenue l’impératif absolu qui résonne autour du globe.

De l'ascèse au coaching

Daniel Bougnoux, nonfiction.fr
28 juil. 2011

Tu dois changer ta vie, le dernier opus de Peter Sloterdijk excellemment traduit, comme les précédents, par le fidèle Olivier Mannoni, lance à l'intelligence philosophique un nouveau défi. Dans l'ambitieuse synthèse des Sphères (regroupées en trois volumes, Bulles, Globes, Ecumes, auxquels se rattache encore Le Palais de cristal), Sloterdijk montrait homo faber affairé à s’enclore, à habiter sous un dôme qui amortisse les bruits et les violences du monde ; la climatisation, la réflexivité d’un espace miroir, des médias filtres et pare-chocs, une Terre enfin dont la rotondité peu à peu vérifiée s’enveloppait d’anneaux et de réseaux capillaires…, retenaient particulièrement l’attention dans un ensemble foisonnant de curiosités liées à cette idée très ancienne et très neuve en philosophie : l’attraction de la forme globe, sa dynamique à travers l’espace et l’histoire, son optimisation esthétique, éthique et organisationnelle. Or, argumente Peter Sloterdijk, de même que le XXe siècle pensa et élabora diverses figures de la réflexivité, le XXIe sera celui de l’exercice.




Pierre Guenancia
Le regard de la pensée
Philosophie de la représentation
Presses universitaires de France | Fondements de la politique
Il est aujourd'hui essentiel de souligner l’importance de la médiation dans le rapport que l’homme établit avec la réalité présente, avec les autres hommes comme aussi et surtout avec lui-même...

La passion de la représentation

Christian Ruby, nonfiction.fr
22 juil. 2011

À l'égard de la notion même de représentation, il convient de dire d’abord un mot au lecteur. Le terme « représentation » a un champ de signification très large et différencié. Un dictionnaire de philosophie renvoie ainsi à « tenir lieu de » (sens juridique et politique) et « être une image ou une idée de quelque chose ». Par ailleurs, l’usage théâtral du terme est le plus courant, quand il n’est pas étendu à tous les arts. Mais chacun en connaît bien le sens politique au travers de la confiance qu’il fait à ses représentants, ainsi nommés depuis que la philosophie politique du XVII° siècle s’est saisie de ce terme. C’est assez dire que la notion est en usage et même en large usage. Encore, peut-on préciser que c’est surtout au premier sens que ce terme est utilisé en philosophie, au moins depuis que les René Descartes et Immanuel Kant puis les postkantiens ont pris la plume, même si les uns et les autres ne lui font pas dire la même chose.



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