Le passage à l'Europe

Le passage à l'Europe

Histoire d'un commencement

Luuk Van Middelaar

Ce livre raconte un événement lent et majeur : la genèse d'un ordre politique européen. Il évite le jargon et les poncifs des manuels ; ceux-ci cachent bien
plus les enjeux du pouvoir qu’ils ne les éclairent. Il ne spécule pas sur une destination finale ; l’histoire vaut mieux que la téléologie. Il n’est pas « pour » ou « contre » l’Europe - peut-on l’être d’ailleurs ? Le Passage à l’Europe distingue trois sphères européennes.
La sphère externe, celle du continent et de l’ancien « concert des nations » ; la sphère interne des institutions et du Traité, source de grandes attentes ; enfin, imprévue et non perçue, une sphère intermédiaire, celle où les Etats-membres, rassemblés autour d’une même table, se découvrent peu à peu coresponsables d’une entreprise commune, parfois malgré eux. Cette sphère internationale est le lieu des tensions entre l’un et le multiple qui font la force et la faiblesse de l’Union.
Le Conseil européen des chefs d’Etat ou de gouvernement en est devenu l’expression institutionnelle, lui seul est en mesure de convaincre un public européen à 27 têtes nationales. Livre d’histoire, en ce qu’il prend au sérieux l’expérience des hommes politiques qui ont façonné l’Europe depuis soixante ans : l’importance des mots, la soif des applaudissements, l’implacable pression des événements, tels le début de la guerre froide, la chute du Mur de Berlin ou le 11 Septembre.
Livre de philosophie, en ce qu’il veut savoir ce qu’est la politique avant de trancher sur l’existence d’un corps politique européen : qu’en est-il, en Europe, de la capacité à prendre des décisions contraignantes, à agir dans le flux du temps, à établir un lien avec les gens ? L’un et l’autre, en ce que l’auteur considère que la vérité de la politique ne se comprend que dans le temps.