Étienne Bimbenet
Gallimard | Folio

Humanisme et condition animale

Florence Burgat, CERSES (CNRS-Paris V)
Feb 2, 2012

L'animal que je ne suis plus est beaucoup plus qu'une contribution à l'humanisme car il s'agit de réaffirmer l’humanisme, mais en le fondant sur de nouvelles bases, tout autrement que ne le fait la métaphysique. Ce travail s’inscrit clairement dans la lignée de l’anthropologie philosophique ; il fait aussi suite au travail de Franck Tinland sur la différence anthropologique. En tant que postulat, la thèse d’une éminente dignité métaphysique de l’homme réclame une adhésion, pour ne pas dire une croyance ; elle est par conséquent révocable, et donc fragile. L’entreprise vise ici à enraciner l’humanisme dans l’histoire naturelle de l’homme, dans le terreau sur lequel se développe en général l’anti-humanisme, c’est-à-dire : le naturalisme, l’origine animale de l’homme, l’évolution - contingente et hasardeuse - des espèces. Etienne entreprend de fonder l’humanisme au cœur même de ce qui, la plupart du temps, produit sa révocation, et loin de ce qui, la plupart du temps, le nourrit : la croyance en une genèse divine qui fait de l’homme une créature séparée. Pour autant, la séparation absolue aurait bel et bien lieu.
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Jean-François Kervégan
Gallimard | Tel Gallimard

Déjouer les pièges d'une pensée : relire Carl Schmitt

Emanuel Landolt, nonfiction.fr
Jan 8, 2012

Quiconque voudrait se tenir informé des débats en cours concernant l'œuvre et la pensée de Carl Schmitt, ne pourra faire l’économie de ce riche ouvrage, véritable synthèse de l’actualité de Carl Schmitt et des problèmes posés par cette œuvre complexe. L’approche et la méthode instruite dans cet ouvrage tranchent avec les débats passionnés qu’a connus la réception de l’œuvre et des idées de Carl Schmitt. Le premier principe auquel s’attache l’auteur, Jean-François Kervégan - spécialiste de philosophie politique, en particulier de l’œuvre de Hegel - est de partir des thèses de Carl Schmitt elles-mêmes et non des polémiques qu’elles ont pu susciter ; cela afin de repenser à nouveaux frais les conséquences de celles-ci, et de contourner l’enthousiasme et l’envoûtement irrationnel suscité par l’œuvre ou bien le procès à charge comme le proposait un volume d’article parus en 2009
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Jacques Rancière
Aisthesis
Scènes du régime esthétique de l'art
Éditions Galilée | La philosophie en effet

Scènes de la vie artistique

Daniel Bougnoux, nonfiction.fr
Jan 2, 2012

Le gros ouvrage que vient de publier Jacques Rancière remet au travail et développe, avec beaucoup de vigueur et d'élan philosophiques, les intuitions déjà exposées dans les minces plaquettes intitulées Le Partage du sensible (La Fabrique, 2000) ou Le Spectateur émancipé (La Fabrique, 2008). La suite dans les idées est la marque du philosophe, qui s’efforce également de recadrer et de hiérarchiser autrement les phénomènes. Avec Aisthesis, nous assistons d’emblée à une ouverture de la, ou des, "scènes", moins de l’art que du régime qui trame et gouverne celles-ci. L’art, comme le rappelle Rancière dès son prélude, est après tout d’origine récente, et ne s’autonomise vraiment qu’au XVIIIe siècle ; nos expériences sensibles en revanche n’ont cessé d’évoluer, configurant ou requalifiant les successives formes de vie traversées par l’humanité.
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Quentin Meillassoux
Le nombre et la sirène
Un déchiffrage du Coup de dés de Mallarmé
Fayard | Ouvertures

Décrypter Mallarmé : pour une ontologie poétique

Erika Martelli, nonfiction.fr
Dec 5, 2011

"Professeur de morale" : c'est ainsi qu’en 1943, dans Les Lettres françaises (n° 9), Michel Leiris définissait, mi-dévoué mi-ironique, le poète du Coup de dés. Mallarmé avait su, comme d’ailleurs Leiris lui-même, “se créer un langage parfaitement adéquat à son objet, un langage qui vise moins à décrire ou à raconter qu’à déclencher certains mouvements de l’esprit. Il est bien significatif qu’en cette époque d’éhonté galvaudage – continue Leiris – où pullulent plus que jamais les plumitifs vendus, où tant de nos grands hommes […] sont regardés comme tout juste bons à être les enseignes de l’État casino quand il met en œuvre l’expédient de la loterie nationale – il est, certes, dans l’ordre de cette période de démoralisation que les représentants de la jeunesse en viennent à reprocher à un poète d’avoir été trop 'pur’ et de n’avoir consenti, sa vie durant, aucune concession au désir de succès non plus qu’au besoin d’argent”. On retrouve cette citation (abrégée) dans l’ouvrage Conditions d’Alain Badiou, directeur, avec Barbara Cassin, de la collection qui a accueilli le brillant essai du normalien Quentin Meillassoux (né 1967, métaphysicien et auteur d’Après la finitude), Le Nombre et la Sirène. Un déchiffrage du Coup de dés de Mallarmé.
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